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INSUFFISANCE RÉNALE : L’IMPACT DU MICROBIOTE INTESTINAL

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La dysbiose intestinale observée chez les insuffisants rénaux aggraverait leur pathologie via la production de toxines qui s’accumulent dans le sang. Un probiotique semble en partie contrecarrer ces effets.

L’évolution de l’insuffisance rénale chronique (IRC) vers une insuffisance rénale terminale (IRT) et ses complications semble liée à l’accumulation de toxines dans le sang, dont beaucoup seraient issues du microbiote intestinal. Mais les origines microbiennes de ces métabolites, tels que les toxines urémiques, et les mécanismes sous-jacents étaient encore incertains. Une large étude internationale (223 patients IRT, 69 contrôles) a été menée pour caractériser les relations entre la composition microbienne, les toxines urémiques et les symptômes de l’IRT.

Des métabolites fécaux et sériques miroirs de l’état clinique

Les métabolites sériques et fécaux des patients IRT différaient des témoins et étaient étroitement corrélés entre eux. Davantage de précurseurs de toxines urémiques, d’acides biliaires secondaires (AbS), et moins d’acides gras à chaîne courte étaient identifiées dans les selles des patients. Quant aux métabolites sériques, ils étaient caractérisés par enrichissement en 9 toxines urémiques, un déséquilibre des acides biliaires et s’avéraient fortement associés à l’état clinique des patients. Ainsi, les altérations métaboliques intestinales des patients IRT contribueraient de manière significative à l’accumulation de toxines urémiques sériques. Hypothèse qui a été validée dans une seconde cohorte indépendante (12 patients IRT et 12 témoins).

Une dysbiose intestinale

Une analyse métagénomique (shotgun) a permis d’identifier une dysbiose intestinale chez les patients IRT, avec un enrichissement en certaines espèces bactériennes. En particulier, ces bactéries possédaient des gènes codant pour la synthèse de toxines urémiques et la biosynthèse des AbS. En effet, la composition microbienne était non seulement corrélée aux variables cliniques des patients mais aussi associée à la production de toxines urémiques et d’AbS. Pour les auteurs, le microbiote intestinal accélérait la production de produits toxiques et participerait, ainsi, à l’aggravation de la maladie.

 

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